27 novembre 2021
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Burkina Faso : Les budgets des secteurs sociaux de base épluchés par le CERA-FP

Dans la nécessité de répondre aux besoins des populations et d’améliorer la gestion des ressources publiques, le centre d’études et de recherche appliquée en finance publique (CERA-FP) a procédé à l’analyse des dépenses publiques consacrées aux services sociaux de base comme l’éducation, la santé, l’agriculture et le genre. L’atelier de présentation des résultats de cette étude a eu lieu ce jeudi 4 novembre 2021 à Ouagadougou.

Les secteurs sociaux ont occupé et continuent d’occuper une place importante dans les politiques de développement et de réduction de la pauvreté au Burkina Faso. En effet, les actions du gouvernement ont mis l’accent sur les secteurs sociaux comme l’éducation, la santé et l’agriculture. Le pays reste tout de même confronté au défi de la mauvaise gouvernance à travers une répartition inéquitable des ressources publiques surtout en faveur des groupes sociaux les plus défavorisés comme les enfants, les femmes, les populations rurales et péri-urbaines. Une situation aggravée depuis 2016 par la situation sécuritaire marquée par des attaques terroristes à répétition qui ont également affaibli le tissu socio-économique du pays.

Conséquence, la majorité des Burkinabè vivent dans des conditions difficiles malgré la dotation budgétaire au fil des années dans les secteurs sociaux de base. La question de l’efficacité de ces allocations budgétaires et les défenses effectuées se pose avec acuité. C’est dans cette optique que le centre d’études et de recherche appliquée en finance publique (CERA-FP) dans sa mission de promouvoir la bonne gouvernance économique à travers une meilleure gestion des ressources publiques, a analysé les dépenses publiques des secteurs sociaux de base. Il s’agit principalement des secteurs de la santé, de l’éducation, de l’agriculture et du genre.

Présentation des résultats de l’étude @InfoH24

La présente analyse budgétaire, deuxième du genre, a été réalisée dans le cadre du projet « Initiative multipartite pour une économie humaine en Afrique » en partenariat avec OXFAM Burkina Faso. Elle a permis d’examiner l’évolution de ces dépenses sur la période 2017-2021 dans une vision d’amélioration de l’accès des populations les plus vulnérables aux services sociaux de base. L’objectif principal à travers cette étude est de disposer d’éléments afin de renforcer le plaidoyer pour le respect des engagements et aussi faire le suivi des ressources financières dédiées aux services sociaux de base. Les résultats de cette étude ont été présentés aux acteurs sociaux issus essentiellement des secteurs de la santé, de l’éducation, de l’agriculture, de l’environnement, des ressources animales, de l’eau et de l’assainissement, de la société civile, des ONG, des partenaires techniques et financiers, etc.

Le présidium lors de l’atelier de présentation des résultats @InfoH24

Pour Marcel Yigo, économiste de formation, personne ressource dans la conduite de cette étude et présentateur des résultats de cette analyse, il y a des efforts qui sont consentis par l’Etat dans les secteurs sociaux de base malheureusement l’impact réel sur le terrain n’est pas à la hauteur des attentes. Marcel Yigo déplore que les ressources publiques soient consacrées pratiquement aux dépenses de personnel, les dépenses courantes (salaires, acquisition de biens et services, transferts courants…) d’où la nécessité d’inverser la donne en mobilisant davantage des ressources internes. Selon lui, il appartient à la société civile d’attirer l’attention de l’Etat pour allouer davantage de ressources à ces secteurs afin de prendre en charge les préoccupations des populations.

Marcel Yigo, présentateur des résultats @InfoH24

En rappel, l’étude a été réalisée à un au moment où l’Etat du Burkina Faso a achevé la mise en œuvre du PNDES 2016- 2020 et adopter le 30 juillet 2021 le PNDES 2. Des recommandations ont été formulées par la CERA-FP et ses partenaires à l’endroit de l’Etat et de la société civile afin d’améliorer conséquemment les conditions de vie des Burkinabè.

Il appartient à l’Etat de se donner les moyens nécessaires et de travailler leur saine gestion afin que les dépenses publiques contribuent à répondre et apporter un mieux-être aux burkinabè. Il s’agit d’améliorer le recouvrement des recettes par l’exploitation de toutes les niches possibles, améliorer le niveau des allocations des investissements des secteurs sociaux, veiller à l’allocation des ressources fondées sur le besoin réel du secteur ministériel (privilégier les dépenses qui ont un impact sur les bénéficiaires finaux), veiller à une meilleure prévision et exécution budgétaire en particulier dans le secteur de l’éducation, améliorer les taux d’exécution des dépenses d’investissement dans les secteurs sociaux, etc.

Ousséini Kagambèga, trésorier général du CERA-FP a lancé l’atelier de présentation des résultats @InfoH24

De son côté, la société civile doit renforcer la veille citoyenne pour l’amélioration de la qualité de la dépense publique, engager des actions de plaidoyer pour le renforcement du budget sensible au genre en particulier dans le secteur de l’éducation, engager des actions de plaidoyer pour une mobilisation conséquente des recettes budgétaires en vue d’une meilleure allocation budgétaire aux investissements dans les secteurs sociaux en particulier en faveur de l’éducation et la santé, engager des actions de plaidoyer pour le respect des engagements de l’Etat sur le plan international en matière budgétaire.

La photo de famille des participants @InfoH24

Elle doit également prévoir le renforcement des capacités des acteurs de la société civile en matière d’analyse budgétaire indépendante, poursuivre des actions de plaidoyer pour un meilleur accès aux informations budgétaires par les citoyens, renforcer les capacités des acteurs étatiques et de la société civile à une meilleure compréhension et une prise en compte du genre en matière de planification.

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