11 mai 2021

Campagne électorale : La CNDH interpelle les acteurs sur le respect des droits humains.

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En cette période campagne électorale pour les élections du 22 novembre 2020, la Commission Nationale des Droits Humains (CNDH) interpelle tous les acteurs sur leurs responsabilités. Dans ce communiqué, l’institution de promotion et de protection des droits humains au Burkina Faso s’est adressée à tous les acteurs impliqués dans cette compétition électorale. Elle invite les acteurs nationaux à être regardant sur “les conditions de jouissance et d’exercice des droits humains et des libertés”. Pour, la CNDH les acteurs politiques ainsi que les militants et sympathisants devront toujours s’inspirer des “limites légales qui encadrent l’exercice de certaines libertés afin de prévenir les éventuels dérapages”.

DECLARATION DE LA COMMISSION NATIONALE DES DROITS HUMAINS A L’OCCASION DE L’OUVERTURE DE LA CAMPAGNE ELECTORALE POUR LES ELECTIONS COUPLEES PRESIDENTIELLE ET LEGISLATIVES DU 22 NOVEMBRE 2020

Le Burkina Faso organisera le 22 novembre 2020 les élections couplées présidentielle et législatives. En prélude à ce vote, il s’ouvre aujourd’hui 31 octobre 2020 la campagne électorale qui donnera l’opportunité aux candidat(e)s de convaincre les électeurs/trices de leur accorder leurs suffrages lors de ces scrutins afin qu’ils puissent agir en toute légitimité et en leur nom pour les cinq (5) prochaines années. Cette phase présente des enjeux importants certes pour chaque candidat(e), mais également pour les droits humains et les libertés fondamentales dont elle constitue un moment de pleine sollicitation.

Les élections sont une des occasions de matérialisation du droit de participer à la gestion des affaires publiques en donnant l’opportunité aux citoyen(e)s d’être électeurs/trices et éligibles à des fonctions de représentation. Cependant, et en vertu de l’interdépendance des droits humains, l’effectivité de ce droit notamment dans un contexte de campagne électorale, de vote proprement dit et de proclamation des résultats, nécessite un exercice effectif de certaines libertés fondamentales dont les libertés d’association, de réunion pacifique, d’expression, d’aller et de venir, de choix. En outre, elle suppose la jouissance concrète par les citoyens, électeurs/trices ou candidat (e)s, de droits humains dont celui relatif à l’égalité, la non-discrimination, la sûreté, l’intégrité physique. La qualité transparente et équitable de ces élections exige donc un respect et une protection effectifs des droits humains et des libertés fondamentales.

Ces élections qui se déroulent dans un contexte caractérisé par l’insécurité et le déplacement de populations, la question de la protection et du respect des droits humains et des libertés fondamentales prend un relief important auquel la Commission nationale des droits humains (CNDH) va accorder un regard particulier à travers une mission de monitoring des droits humains.

Aux acteurs nationaux intervenant à quelque niveau que ce soit dans l’organisation des élections, la CNDH tient à les encourager dans leurs missions et attirer leur attention sur la place qu’occupent les droits humains dans la réussite des élections. En conséquence, elle les invite à accorder une attention particulière aux conditions de jouissance et d’exercice de ces droits et libertés, notamment en pleine égalité et en toute sécurité.

Aux acteurs politiques, tout en leur souhaitant une bonne chance, la Commission leur rappelle tout l’arsenal juridique qu’offre la législation nationale en conformité avec les instruments internationaux pour qu’ils puissent mener leurs activités politiques en toute sérénité. Par conséquent, elle les invite également à tenir compte des limites légales qui encadrent l’exercice de certaines libertés afin de prévenir les éventuels dérapages. Elle tient également à rappeler aux candidat(e)s à l’élection présidentielle leur engagement matérialisé par la signature de la Charte de bonne conduite.

Aux militant(e)s et sympathisant(e)s des partis et formations politiques et des candidat(e)s, la CNDH les exhorte à inscrire leurs actes et propos dans le cadre de la législation nationale pour des élections apaisées et à surtout privilégier les différentes voies de recours dont ils disposent pour contester des actes portant atteinte à leurs droits et libertés.

La CNDH souhaite une bonne campagne à tou(te)s les candidat(e)s et leur renouvelle ses vœux de succès !

                                                                                                      Le Président

Kalifa Yemboado Rodrigue NAMOANO

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