15 avril 2024
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Drame de Seytenga : Ne faut-il pas révoquer ce gouvernement avec effet immédiat ?

La palme de l’horreur était détenue jusque-là par Solhan avec plus de 160 morts en une seule nuit, celle 4 au 5 juin 2021. Suite à ce drame qui reste l’un des plus marquants de son règne, le Président Roch Kaboré avait été contraint de limoger ses ministres de la Défense et de la Sécurité, accusés d’incompétence. Un an et une semaine après, la Commune de Seytenga dans la même région du Sahel, semble avoir battu le macabre record avec plus de 170 morts selon plusieurs sources et 79 victimes selon des sources gouvernementales. Quel que soit le bilan définitif, les responsabilités doivent être situées et les fautifs sanctionnés. Autrement, le Président Damiba, en personne, en portera l’entière responsabilité.

Il a fallu attendre 3 jours après le drame pour avoir un premier bilan officiel partiel de 50 morts, puis de 79 victimes au 4ème jour. Nul doute que ce bilan officiel va encore évoluer et même sensiblement.

En attendant, on retiendra que cette fois-ci, et c’est le plus dramatique, l’armée que l’on dit monter en puissance n’était pas à côté et a refusé d’intervenir. L’Etat a abandonné les populations civiles aux terroristes. En effet, après l’attaque le 9 juin 2022 du détachement de gendarmerie qui a fait 11 morts parmi les gendarmes, l’armée y a envoyé des renforts terrestres et aériens pour évacuer les derniers éléments des Forces de défense et de sécurité encore présents dans la ville de Seytenga, le lendemain 10 juin.

A quelle stratégie obéit ce retrait des FDS ? Pourquoi les FDS ont-elles quitté Seytenga avant le retour des groupes terroristes au lieu de renforcer leur présence pour mettre en déroute les assaillants ? N’y avait-il pas la possibilité d’y envoyer des renforts suffisants et mieux équipés pour contrer ces forces du mal et protéger les populations civiles ? Est-ce un aveu d’impuissance de cette armée dont les gouvernants vantent la montée en puissance ? Finalement, sur qui doivent compter les populations civiles ? On peut allonger la liste des questions, tant la situation est inexplicable, inconcevable et insupportable.

On avait espéré qu’à défaut d’un conseil national de défense et de sécurité (ou bien il a été dissout ?), le conseil ordinaire des ministres se tiennent et que des décision courageuses et fortes puissent enfin être prises. Mais ce conseil a été purement et simplement annulé. Pourquoi ? Rien n’a filtré du côté de Kosyam (Présidence du Faso) ou de Koulouba (Primature).

Finalement, c’est à se demander si le pouvoir de transition a réellement pris toute la mesure de sa responsabilité dans le drame que vivent les Burkinabè depuis son avènement ? Sa communication sur les massacres de Seytenga dans la nuit du 11 au 12 juin 2022 trahit son incapacité à prendre la mesure de son impuissance face à cette tragédie nationale. Dans quel pays sommes-nous où des fautes administratives parfois discutables ou inexistantes et la simple appartenance à l’ancien régime valent des révocations avec effet immédiat, pendant que l’abandon de populations civiles à des terroristes qui les massacrent, toute une nuit durant, ne semble émouvoir les tenants du pouvoir ?

Pire, l’on s’enlise dans des contradictions entre l’instauration d’un deuil national (le premier depuis l’avènement de Damiba au pouvoir) et une communication de la banalisation du drame des populations traumatisées. Non content de ne prendre, pour l’instant et officiellement, aucune mesure contre cette non-assistance à des populations en danger, le gouvernement tente de minimiser le drame avec un communiqué laconique révélant son incapacité à établir un bilan fiable et honnête du fait de l’absence de l’Etat dans cette Commune. Ensuite, il affirme que l’armée qui avait évacué les dernières FDS, abandonnant les populations aux forces du mal, est repartie sur les lieux pour rechercher et compter les morts. Au troisième jour, elle n’avait trouvé que seulement 50 corps, puis 29 autres (ce qui est déjà énormes). Il dément ainsi les sources locales faisant état de plus de 170 morts.

Si les responsabilités ne sont pas situées, le Président Damiba les assumera. Tôt ou tard!

Sur le plan de la communication de crise, c’est un véritable désastre. Au plan politique, ce sont des fautes inacceptables et impardonnables. Quand on fait un coup d’Etat sous le prétexte de chasser des incompétents qui n’arrivaient pas à faire face à la crise sécuritaire et eu lieu de cela, on fait de la politique d’exclusion et de restauration d’un ordre vomi et chassé par le peuple, on ne peut qu’exposer le peuple à de tels drames.

Mais ce drame ne saurait rester impuni. Sinon, il y a en aura d’autres, encore pires. Les responsabilités doivent être situées ; le plus rapidement possible. Autrement, le pouvoir de transition, à commencer par le Président Paul Henri Sandaogo Damiba en assumera l’entière responsabilité et y répondra ! Tôt ou tard ! Quelqu’un doit être révoqué avec effet immédiat. Si ce n’est le chef suprême des armées, ça devrait être le chef du gouvernement, ou le ministre de la Défense ou tout au moins, le chef d’Etat-Major général des armées.

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2 Commentaires

  1. Mais pourquoi voulez vous qu’il soit révoqué. ils adorent Sankara et sa devise importés de Cuba_
    N’oubliez pas que Sankara aussi a coupé une partie du territoire pour donner à un autre pays, chose qu’aucun de ces prédécesseurs n’avait accepté faire car ils savaient que tout cette bande nous appartenait._

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