28 mai 2024
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«Les droits des consommateurs ne sont pas respectés au Burkina Faso », Adama Bayala, président du RENCOF

Adama Bayala est le président du Réseau national des consommateurs du Faso (RENCOF). Avec lui, notre entretien porte sur la lutte pour un mieux-être des consommateurs au Burkina Faso. Il aborde sans détour les difficultés que rencontre son réseau et leur engagement pour faire des droits des consommateurs, une réalité au Burkina Faso.

L’InfoH24 : Présentez-nous le Réseau National des consommateurs du Faso ?

Adama Bayala : C’est une association de défense des intérêts des consommateurs, créée en juillet 2019, pour veiller au respect des droits des consommateurs burkinabè, régulièrement violés et piétinés par des commerçants. Le Réseau National des Consommateurs du Faso (RENCOF) est porté par des jeunes burkinabè, de tous profils et horizons divers, horripilés par la cherté des produits de qualité médiocre, en circulation dans nos marchés.

Déjà, il y a la ligue des consommateurs, pourquoi la création de ce réseau de plus ?

Il n’y a pas que la ligue, il existe d’autres structures de défense des droits des consommateurs, peut-être moins connues. Je dois dire que le champ de la consommation est tellement vaste et délicat qu’on ne saurait laisser une seule structure se battre pour l’intérêt général.

Quels sont les grands domaines de lutte ?

Parlant des domaines, on peut citer les secteurs du commerce, de l’éducation, de la santé, des voyages, des transports, des services, des relations des tiers avec l’administration etc.

Depuis la création de votre réseau, quelles sont les actions qui été entreprises ? Ont-elles connu satisfaction ?

On peut noter la lutte pour la suppression des frais APE dans les établissements privés, avec déjà le rabais et le plafonnement à 2000 F CFA, suite à l’assemblée générale de l’Union Nationale des Associations des Parents d’Elèves (UNAPES). Il y a aussi les enquêtes sur les contrôles des commerces par les agents gouvernementaux pour assurer le respect des prix des produits de grande consommation, l’enquête sur la qualité des eaux préemballées, l’enquête sur le respect des prix des produits céréaliers de grande consommation, des interventions sur le terrain qui ont favorisé le retrait des produits périmés dans des commerces.

L’une des campagnes du RENCOF

Aujourd’hui, pensez-vous que les droits des consommateurs sont bafoués ?

C’est peu dire. Les droits des consommateurs ont-ils déjà été respectés au Burkina Faso. Ils n’ont eu de cesse de subir le dictat des commerçants qui inondent nos marchés de produits de piètre qualité et à prix d’or, avec la complicité assourdissante et aveuglante des gouvernants qui feignent de ne rien voir.

Sur le terrain, quelles sont les limites et difficultés de votre lutte aujourd’hui ?

La difficulté porte essentiellement sur le statut que la loi a bien voulu nous concéder, avec une impossibilité de contrôler et de saisir des produits de mauvaise qualité. Nous nous contentons, au moyen de visites, de dénoncer et interpeller les agents du ministère du commerce. Le problème, les structures ne réagissent pas ou elles réagissent timidement et en retard. Regardez aux abords de nos voies, c’est le règne du commerce sauvage, avec des acteurs qui pratiquent les prix imposés, contribuant à l’inflation. Or, la loi portant concurrence et consommation au Burkina Faso interdit tout ça.

Avez-vous l’impression que les consommateurs ont conscience de leurs droits de nos jours ?

Pas vraiment. Pas tous ! Il y a de nombreux facteurs qui l’expliquent. Il y a donc un long travail d’information et de sensibilisation à entreprendre. Je crains seulement que ce ne soit un travail de Sisyphe.

Que doivent faire les structures qui fournissent des services aux consommateurs au Burkina Faso ?

J’en appelle à leur conscience et à leur professionnalisme. Je les appelle à privilégier l’intérêt général et à avoir permanemment à l’esprit que le commerce a une vocation sociale. A ce titre, je les invite à nous fournir des produits de qualité, et bon marché, avec une marge bénéficiaire en deçà de 10%. J’invite surtout le gouvernement à jouer sa partition, en veillant à la protection des consommateurs pour leur assurer de longs jours.

Gérard BEOGO

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