23 septembre 2021
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L’information : Un bien public menacé de privatisation

« L’information comme un bien public », c’est sous ce thème que l’Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a placé la célébration de la 28ème journée mondiale de la liberté de la presse, ce lundi 3 mai 2021.

Les débats sur cette problématique de l’information comme un bien public avait déjà été lancé en Occident, notamment en France à travers plusieurs ouvrages dont celui de Julia Cagé et Benoît Huet paru en février 2021 et intitulé « l’Information est un bien public : refonder la propriété des médias ». Pour ces auteurs, « l’information est un bien public dont la production doit être confiée à des journalistes disposant d’une véritable indépendance éditoriale, et nous pensons que cette indépendance est possible en adoptant de nouvelles règles ». Ils dénoncent la gouvernance des médias accaparés par des industriels qui ont le pouvoir d’influencer le recrutement et ou le licenciement des journalistes selon leur bon vouloir. Ils proposent « une loi de démocratisation de l’information permettant aux journalistes et aux citoyens de reprendre enfin le contrôle des médias. Des médias indépendants gouvernés de manière démocratique et tournés vers la production d’une information de qualité ». C’est donc à une refondation effective de la gouvernance des médias que nous invitent les deux auteurs.

En choisissant ce thème, l’UNESCO contribue à ce débat et interpelle les Etats sur l’impérieuse nécessité de veiller à ce que l’information soit accessible en tout temps, en tout lieu et par tous. Ces débats interviennent dans un contexte global où les entreprises de presse traversent des difficultés entrainant des rachats par des grands groupes d’industriels.

Au Burkina Faso, la réalité des entreprises de presse est globalement alarmante. Certes, il existe quelques ilots de prospérité dans un océan de misères. Mais, la grande majorité des entreprises de presse broient du noir. Si bien que l’on est étonné parfois de la qualité des productions. En effet, la réalité économique des médias au Burkina Faso, tanche nettement avec le rang du pays dans le classement de la liberté de la presse de Reporter sans frontières (RSF). Ce classement propulse le Burkina à la 5ème place au plan africain après l’Afrique du Sud (4e), le Ghana (3e), le Cap Vert (2e) et la Namibie (1re). Il le premier de l’Afrique francophone. Au plan mondial, il occupe la 37e place sur 180 pays. C’est une performance extraordinaire pour un pays où l’entreprise de presse a du mal obtenir la reconnaissance de son statut particulier.

Pour la célébration cette journée au Burkina Faso, le Centre de presse Norbert Zongo, a choisi d’ouvrir le débat et d’interpeller la communauté nationale sur la « viabilité de l’entreprise de presse ». Cette réflexion devrait permettre d’avoir des matériaux pour soutenir le plaidoyer auprès des autorités. D’autant plus qu’elle intervient après l’institutionnalisation d’une journée de dialogue direct entre les professionnels des médias et de la communication et le président du Faso dont la première édition est prévue en octobre prochain. Pour que l’information soit donc un bien public, et au-delà des questions économiques, l’Etat doit créer les conditions les meilleures pour préserver l’information des puissances politiques, financières et autres en accompagnant les entreprises, en améliorant la législation sur l’accès aux informations et en assurant la sécurité physique et morale des professionnels des médias.

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