27 novembre 2021
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Procès Thomas Sankara et ses compagnons :« Je suis un témoin lointain», Colonel Bernard Sanou

Le colonel Bernard Sanou a comparu en sa qualité de témoin dans l’affaire de l’assassinat de Thomas Sankara et ses compagnons, ce 25 novembre 2021. Il a expliqué n’être qu’un témoin lointain des évènements du 15 Octobre 1987.

« Je suis déçu de la plupart des témoins, on a l’impression qu’ils cachent quelque chose» a expliqué Me Prosper Farama, avocat de la partie civile. Une analyse consécutive à la comparution du colonel Bernard Sanou, commandant du Génie Militaire à l’époque des faits. L’homme qui comparaît fut jadis l’un des hommes forts du CNR.

A l’époque, il logeais dans la base militaire qu’on appelle, Camp général Sangoulé Lamizana. Il dirigeait la compagnie, en tant que chef de corps, et avait à sa disposition des hommes sous ses ordres. Il dirigeait et contrôlait la zone de Gounghin appelé la zone de sécurité n°5 , qui disposait des points sensibles comme la poudrière de l’armée, l’ONATEL et la SONABEL. A l’époque du forfait contre Thomas Sankara et ses frères d’armes, Bernard Sanou déclare n’être qu’un témoin lointain. L’homme raconte: « J’étais absent et malade. J’étais à la place de la nation ce jour-là, et vers 19h, le commandant Lingani m’a appelé pour m’informer qu’il y a eu une tentative d’arrestation du capitaine Thomas Sankara et ça mal tourné. Il m’a demandé de me mettre en sécurité. Je lui ai demandé qui a attaqué qui, et pourquoi, mais j’ai pas eu de réponse. Par la suite, les gens m’ont dit qu’il y a eu des tirs nourris au Conseil de l’entente .

En tant que chef de corps, j’ai pris mes dispositions pour me sécuriser et me préparer. Le soir nous avons appris la mort de Sankara, et le Lion de Koudougou, Boukary Kaboré m’a appelé m’informant qu’il vient à Ouagadougou pour attaquer le conseil. Je lui ai déconseillé, en lui disant que le président est mort, s’il vient c’est pour faire plus de victimes. Je savais qu’il avait des obus, et je connaissais, et savais que s’il venait, il va envoyer les obus sur le conseil et les ambassades. Le lendemain, le commandant Lingani nous a appelé le haut commandement militaire. Il nous a dit que la tension était au comble entre les quatre grands de la révolution, et le président n’est plus. Je lui ai demandé, pourquoi ils n’avaient élargi la rencontre qui a réuni les quatre grands de la révolution, à d’autres personnes pour tenter de trouver la solution. Je n’ai pas la solution. Moi-même, mes hommes m’ont dit que j’étais suivi, j’ai même vu des éléments en tenue bariolée et béret inversé perchés sur les arbres et aux abords des routes. J’ai compris que comme j’avais une affinité avec le président du Faso, et que j’étais le chef de corps, il y avait des soupçons de ceux qui avaient fait le coup d’État. Ce coup a été préparé, voici qui s’est passé».

34 ans après la mort de Thomas Sankara, Bernard Sanou, aujourd’hui colonel à la retraite depuis 1990, a informé la cours, que la mort de Thomas Sankara fut un choc pour tous. Dans la foulée, Me Prosper Farama avocat de la partie civile s’est dit déçu de la posture du colonel Bernard Sanou qui tente de  » cacher les choses et ne veut pas tout dire. Je suis déçu de la plupart des témoins, mais je comprends pourquoi notre histoire a été faite de la sorte. Je suis content d’avoir pris part à ce procès» a-t-il relevé. Bernard Sanou, retraité, qui comparaît comme témoin , a affirmé à plusieurs reprises comme étant un proche de Thomas Sankara à plusieurs reprises. Il a cependant, regretté la réticence de Thomas Sankara sur plusieurs plans, surtout à veiller sur sa propre sécurité. « Je suis allé dire à Thomas Sankara au regard de ce qu’on entendait de veiller à sa sécurité, mais il m’a dit que si Blaise veut le pouvoir, il n’a qu’à venir le prendre. Même le soldat Der Somda est veut au génie me voir, très abattu. Il m’a confié qu’il savait que son corps sera couché à côté de celui de Thomas Sankara. Je lui ai dit d’aller dire à Thomas Sankara de veiller sur ses sorties, mais, Thomas Sankara est du genre à penser qu’à la sécurité des autres» a relevé Bernard Sanou.

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