24 octobre 2021
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Vie chère : « Les paysans ont tout vendu, ils reviennent acheter pour survivre » Kadi Minoungou, vendeuse de céréales à Tenkodogo

A Tenkodogo, les prix des denrées de première nécessité subissent une hausse. Comme dans beaucoup de provinces, le phénomène de l’augmentation des prix des produits de première nécessité est une réalité. A Tenkodogo, région du Centre-Est, l’impact se fait sentir dans la vie des revendeurs et des acheteurs. Au marché de cette capitale régionale, Tenkodogo, le 17 août 2021, clients et marchands des produits de première consommation donne leurs avis.

Grand marché de Tenkodogo. Une foule s’attroupe le long de la route nationale. On remarque des commerçants qui s’avancent vers l’entrée principale du marché. C’est le brouhaha comme dans tout marché : on achète, on vend, on interpelle à la criée la clientèle. C’est à qui criera le plus fort.

On y aperçoit les vêtements accrochés sur les hangars. Non loin de là, des légumes et des odeurs de maïs frais grillés qui embaument l’espace. Des vendeuses d’ignames et de manioc bouillis alignées le long de la route s’activent à faire plaisir la clientèle. Les parfums de ces produits de saison chatouillent les narines et invitent à passer en connaitre le goût. Un regard furtif ne suffit donc pas. L’escale s’impose presque.

Kadi Minoungou, vendeuse de céréales au marché de Tenkodogo ©L’Infoh24

A quelques 10 m de là, des commerçants d’autres marchandises s’activent également. Des va-et-vient partout, et des attroupements autour de revendeuses de céréales attirent aussi l’attention. Parmi elles, Kadi Minoungou. Cette mère de famille de six enfants est assise au milieu de plusieurs bassines remplies de grains. Vêtue d’une hijab aux couleurs sombres, elle discute avec ses clients venus s’informer sur les prix des céréales.

Revendeuse de mil, de haricot, de riz, de sorgho, des graines de karité, etc., elle passe toute sa journée dans le marché. « C’est ce que je fais. Je commande les denrées dans les villages, et j’augmente le prix pour la revente » confie-t-elle. Une activité qu’elle maitrise depuis toujours, pour nourrir sa famille, au point de construire des relations d’amitié avec ses clients. « On se connait maintenant » pointe-t-elle du doigt un groupe d’hommes venu à sa rencontre. Eux, « ce sont des cultivateurs, ils viennent de l’Omooghin (un village situé à 25 km de la ville de Tenkodogo). En fin de saison pluvieuse, ils me vendent les grains, et reviennent en période des semis pour acheter les semences ».

Le prix du haricot a connu une augmentation de 50 FCFA ©L’Infoh24

Depuis peu, les prix ont connu une hausse à cause de l’augmentation générale des prix des denrées de première nécessité. Ce que ressentent les visiteurs de Kadi Minoungou, qui secouent la tête, lorsqu’ils apprennent les nouveaux prix sur le marché du maïs et du Sorgho.
A côté d’eux, Rama Minoungou, fille de Kadi Minoungou se plaint. « C’est cher, on se débrouille aussi, le plat du soja est acheté à 1250 FCFA et revendu à 1300 FCFA, soit un bénéfice de 50 FCFA. Auparavant, je pouvais vendre un sac de céréales par jour, mais aujourd’hui, c’est à peine si je revends un demi sac. Il y a des jours, on ne vend rien. Par exemple le bol de riz coûte 950 FCFA et est revendu à 1000 FCFA, le Sorgho 550 FCFA, le maïs 600 FCFA, soit une augmentation de 50 FCFA par bol ».
Nafi Zaré, une autre revendeuse explique que « les bénéfices sont maigres de nos jours, mais on ne peut pas rester à la maison sans rien faire » . Avec un brin de tristesse, elle confie, « on se débrouille. Nos clients sont de toutes les couches sociales. Par exemple, les paysans ont tout vendu, ils reviennent acheter avec nous pour survivre ».

Une hausse des prix de céréales qui ne peut être expliquée ©L’Infoh24

Outre l’augmentation des prix des produits de première nécessité, les aliments également connaissent le même sort. Les effets de l’augmentation des prix sont légion. « Le plat de riz avec de la sauce ou au gras vendu un mois plutôt à 300 FCFA est passé à 500 FCFA alors que le prix du kilogramme de poisson est passé de 2000 FCFA à 2500 FCFA », confie Rabiou Guimedé, mécanicien, venu s’approvisionner en vivres au grand marché.
La vie chère est une réalité dans cette région. Quelques semaines après le constat de l’augmentation des prix des produits de première consommation, les citoyens de Tenkodogo continuent de s’approvisionner dans les hangars du grand marché, frappés d’un constat quasi général sur l’augmentation des prix et ils se posent la question : que fait l’autorité pour lutter contre cette hausse et que vont-ils devenir à cette allure?

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