26 janvier 2022
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Financement des campagnes électorales : entre opacité et exclusion des moins nantis !

Dans le cadre d’une campagne de sensibilisation et d’interpellation sur la nécessité d’assainir le financement des activités politiques au Burkina, l’association Semfilms en collaboration avec l’Alliance pour Refonder la Gouvernance en Afrique/Burkina (ARGA/Burkina) et son partenaire National Institue for Multiparty Democracy (NIMD) ont organisé le 17 octobre 2020 un panel débat autour du thème, « L’argent dans le système politique au Burkina Faso ». Ce fut l’occasion pour d’éminents panélistes, Moussa Zerbo de l’UPC, Benewindé Sankara de l’UNIR-PS, Paul-Miki Rouamba, Rédacteur en chef de la Radio Ouaga FM, Dr Abdoul Karim Saibou de l’IGD et Dr Zakaria Soré de ARGA/Burkina, d’échanger avec les participants sur cette question d’importance actuelle. Les débats ont été modérés par Luc Damiba, président Semfilms.

Dans quelques jours s’ouvrira officiellement la campagne électorale pour les élections législatives et présidentielle du 22 Novembre.  Dans les milieux politiques, les choses bougent dans tous les sens. C’est la course aux électeurs. Cette saison de campagne électorale avant l’heure est véritablement le bon moment pour interpeller de l’ensemble des acteurs politiques et les citoyens sur l’assainissement du financement de la politique au Burkina. Dans ce sens, la représentante résidente du NIMD au Sahel, Mirjma Tjssing, a salué les efforts des deux organisations pour la tenue de cette activité. A l’entame, deux supports ont servi de base aux échanges. D’abord les participants ont fait un tour dans « La république des corrompus ». Un long métrage du jeune réalisateur Salam Zampaligré qui a permis de visualiser certaines pratiques malsaines dans la conquête du pouvoir. Entre tentative de musèlement de presse en période électorale, achats des consciences, distribution des gadgets, collaboration incestueuse entre politiques et opérateurs économiques, mysticisme, etc., ce film présente le visage hideux de la course aux électeurs dans une république imaginaire. 

Après ce voyage, s’en est suivi la présentation d’une étude réalisée par l’Alliance burkinabè pour refonder la gouvernance en Afrique (ARGA/Burkina) sur le coût de la politique au Burkina.  Dr Zakaria Soré, membre de ARGA/Burkina a exposé les grandes lignes des résultats de l’étude.  D’entrée de jeu, il a fait savoir que les opérateurs économiques font partie des principaux soutiens financiers des partis politiques avant de noter deux logiques qui conditionnent le financement de la politique par les opérateurs économiques. La première logique est celle dans laquelle les hommes politiques imposent aux opérateurs économiques une contribution au financement des activités des partis politiques. Une situation que l’exposant du jour qualifie de racket des opérateurs économiques. La deuxième logique décrite est la situation dans laquelle les opérateurs économiques ont intérêt dans le financement des partis politiques. Dans cette logique, explique le représentant de ARGA/Burkina, l’opérateur économique participe au financement en espérant avoir un retour de l’ascenseur en termes d’accès aux marchés.

Les travaux de recherche présentés font également ressortir la place centrale qu’occupent les premiers responsables des partis politiques dans le financement des activités de leurs partis. Quant aux contributions financières des militants, Dr Soré souligne que les militants des partis politiques proches du parti au pouvoir sont plus enclins à contribuer car voulant bénéficier des faveurs et autres responsabilités.

Les participants au cours du panel

Les autres panelistes ont tour à tour donné leur point de vue sur la question. Les députés, Me Bénéwindé Sankara de l’UNIR-PS (Union pour la renaissance parti, Sankariste) et Moussa Zerbo de l’UPC (union pour le progrès et le changement), deux ténors de la politique ont partagé leurs expériences avec les participants.

Dr Abdoul Saibou de l’IGD et le journaliste Paul-Miki Roamba ont également développé le thème du jour. Le premier s’est appesanti sur les règles internes des partis politiques qui apparaissent comme un frein à la règlementation du financement des partis. A l’écouter, ces règles imposent certains types de financements difficiles à règlementer. Les exemples concernant les prix imposés par certains partis pour les fiches de candidature à la candidature des partis ont été relevés.  Cette situation de mise en avant de la manne financière pour choisir les candidats fait que dans certains partis ce ne sont pas des militants qui sont promus mais des gens qui viennent à la dernière minute pour prendre la place des militants. Déplore-t-il. Paul-Miki Roamba a aussi rappelé le la nécessité du débat sur l’opportunité de financement public des partis politiques. Faisant allusion aux pratiques malsaines que subit l’électorat au cours des campagnes électorales, il a insisté sur le fait que les médias doivent travailler à sanctionner ces pratiques. Pour ce faire, précise le panéliste, les médias doivent impérativement garder leur indépendance.

Simplice ZONGO

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