18 septembre 2021
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Fonds minier du développement local : les acteurs appellent l’État à renforcer et assumer son leadership

Ouvert le 10 mai 2021, l’atelier d’échanges sur la mise en oeuvre du Fonds minier pour le développement local (FMDL) a clos ses travaux ce mardi 11 mai 2021 à Ouagadougou, en présence des représentants des ministères de en charge de l’Économie et des mines. Au termes des travaux, les participants ont relevé des lourdeurs administratives, le manque de leadership de l’État dans la gestion du fonds, l’inefficacité de l’utilisation des ressources par les acteurs communaux.

Durant deux jours de réflexion, les maires des communes, les hauts commissaires, les présidents des conseils régionaux des zones abritant des sites miniers, des représentants des sociétés minières et de l’administration centrale ont échangé sur le thème central « le fonds minier de développement local ». Pour les organisateurs, ce fonds a fait couler beaucoup d’encre et de salive donc il était important pour eux de mettre tous les acteurs autour d’une même table pour discuter. Ce qui permettra de créer les conditions pour une meilleure contribution de l’exploitation minière au développement socioéconomique du Burkina Faso.

Les participants sont venus de plusieurs communes et régions du Burkina ©infoh24

Les participants ont eu droit à plusieurs communications notamment le rappel du dispositif législatif et réglementaire du FMDL, État des lieux des répartitions au profit des collectivités territoriales, rôles et responsabilités des membres des comités communaux de suivi de l’utilisation du FMDL; comment faire du FMDL un tremplin pour le développement local ?     

A la lumière des échanges, les participants ont relevé des faiblesses dans l’opérationnalisation du fonds. En effet, dans certaines communes des exemples sur l’utilisation inadéquate des fonds ont été relevé. Des maires ont effectué des dépenses sur le fonds minier sans que les comités de suivi ne soient opérationnels donc sans respecter les procédures prescrites par les textes. Il est ressorti également une faible capacité d’absorption des ressources du fonds par certaines communes. A cela s’ajoutent les lourdeurs administratives qui ne permettent pas d’effectuer les décaissements à temps pour la réalisation des infrastructures,

Face à ces difficultés, les participants ont proposé des pistes de solutions tout en interpellant l’État à assumer son rôle et à exercer ces prérogatives dans la mise en œuvre du fonds au profit des communes. « Pour construire le bien-être des populations, l’État doit avoir un certain leadership dans la gouvernance de ce fonds. La question de la lenteur dans le transfert des ressources aux  collectivités a été évoquée et le ministère en charge de l’économie est interpellé car depuis des décennies cette difficulté fait partie des freins dans la mise en œuvre du processus de développement local. Et de façon générale, dans le secteur des mines, il y a un véritable problème de coordination entre les ministères clés  » a souligné le représentant de la société civile Jonas Hien.

Les participants ont encouragé la société civile à continuer à mener le travail car si aujourd’hui, on parle de fonds c’est grâce à sa contribution, a précisé Jonas Hien. Quant aux sociétés minières à travers la voix du directeur exécutif de la chambre des mines du Burkina, Toussaint Bamouni, elles « ont des attentes et des préoccupations depuis l’opérationnalisation du fonds minier de développement local ».

Le directeur exécutif de la chambre des mines du Burkina, Toussaint Bamouni ©infoh24

Ces préoccupations sont entre autres liées au manque de renforcement de capacités au niveau des élus locaux. « Le processus de décaissement n’est pas opérationnel car des communes ont reçu des fonds mais ne pouvaient pas décaisser. De même, l’absence de mécanisme d’évaluation des projets dans les communes pose problème » a-t-il ajouté.

Pour le président du réseau national des maires des communes minières du Burkina Faso, Issaka Yaméogo, le fonds est un moyen de stabilisation sociale car il permet de réaliser certains ouvrages. Mais les collectivités rencontrent des difficultés notamment le retard de transfert des fonds.

Le goulot d’étranglement se situe au niveau du ministère de l’économie. Au niveau des collectivités territoriales, les participants ont souhaité la mise en place de mécanismes pour permettre d’assainir la gestion et d’impliqué toutes les couches.

Le président du réseau national des maires des communes minières du Burkina Faso, Issaka Yameogo ©infoh24

Face aux préoccupations soulevées, les représentants de l’État ont donné les raisons qui occasionnent souvent les complications. Les représentants des ministères ont relevé le niveau des échanges avant d’affirmer que les recommandations issues de cette rencontre serviront de boussole pour améliorer l’utilisation du fonds. Pour le représentant du ministère des Finances, le secrétaire général, Abel Somé, un ensemble de préoccupation a été relevé en particulier la lourdeur administrative. Sur ce point, à en croire le  secrétaire général, Abel Somé, quand on parle de lourdeur administrative, c’est un réflexe que nous avons car les contrôleurs financiers parlent de textes et surtout s’assurent qu’on agit en fonction des textes en vigueur.

Le représentant du ministère des Finances, le secrétaire général, Abel Somé ©infoh24

Si dans une situation, on a des anomalies, le service financier à travers ses premiers responsables s’organise pour résoudre la question.  Concernant le transfert des ressources, des efforts ont été faits pour accélérer le processus. Même s’il y a toujours des difficultés, des efforts sont faits pour permettre un bon fonctionnement du processus.    

Au total, les participants ont appelé à l’Etat à affirmer son leadership dans la gestion du fonds et de renforcer la capacité de gestion du fonds à tous les échelons en prévoyant des moyens de pression contre les structures et collectivités qui ne respectent pas les règles.      

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