23 septembre 2021
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Idriss Déby Itno : Un parcours tourmenté

Idriss Déby, né le 18 juin 1952 à Berdoba, au nord-est du Tchad est mort au front. Le président  Déby a dirigé le Tchad pendant trente ans et il venait d’être élu pour un sixième mandat.  Idriss Déby  fut d’abord pilote d’avion, puis rebelle et enfin chef d’État. Mieux, il venait d’être élu pour un 6e mandat. C’est au front, alors qu’il dirigeait ses troupes contre des rebelles qu’il a été blessé et qu’il a perdu la vie.

Déby a débuté sa scolarité dans une école coranique de Tiné avant de faire l’école française à Fada. Ensuite, il intègre le lycée franco-arabe d’Abéché, puis celui de Jacques-Moudeina de Bonghor. Après avoir obtenu son baccalauréat scientifique, il devient élève à l’école d’officiers de N’Djamena, puis s’envole en France pour achever sa formation où il devient pilote de transport et diplômé parachutiste.

En 1979, il retourne au Tchad, en pleine guerre civile. Pour mettre fin au conflit, un accord de paix a été signé à Khartoum en 1977. Et malgré  cette signature des tensions apparaissent entre les deux  alliés.  Mais cet accord vole en éclats lorsque des combats éclatent le 12 février 1979 dans la capitale N’Djamena. En 1981, Idriss Déby est nommé chef d’état-major des FAN, à seulement 29 ans. Deux ans plus tard, il devient chef des Forces armées nationales tchadiennes (FANT, ancêtre des FAN). Passionné par le monde militaire, Idriss Déby décide de s’envoler à nouveau pour la France et d’intégrer l’École supérieure de guerre interarmées, de 1986 à 1987, avant de retourner au Tchad.

Idriss Déby est mort en défendant son pays

Dans cette situation tendue, Hissène Habré finit par renverser Goukouni, et devient ainsi le chef de l’État en 1982 et met en place une dictature féroce qui fait des milliers de victimes. C’est dans ce contexte qu’Idriss Déby fomente un complot contre le chef de l’État Hissène Habré. Cela se solde par un échec. Déby quitte le pays. Le 1er décembre 1990, les combats font rage, entre les rebelles d’Idriss Itno Déby et Habré qui finit par quitter la capitale. Le 4 décembre 1990, le Mouvement patriote du salut (MPS) désigne Idriss Déby chef d’État.

Depuis son arrivée au pouvoir, Déby fait face à de multiples tentatives de renversement. En 2004, une tentative de coup d’État au sein même de son gouvernement est déjouée. En février 2008, il échappe de justesse à une autre tentative de renversement aux portes du palais présidentiel.

Idriss Déby sollicite l’aide de la France. Le 4 février 2008, le Conseil de sécurité de l’ONU donne le feu vert à Paris pour qu’elle intervienne au Tchad. Malgré un contexte politique interne et régional plus qu’instable, Idriss Déby est réélu en 2011 puis en 2016 pour un cinquième mandat. En 2018, il promulgue une nouvelle Constitution, dénoncée haut et fort par l’opposition, qui accuse Idriss Deby de vouloir rester au pouvoir jusqu’en 2033.

Déby et son pétrole

En octobre 2000, le président lance de grands travaux de construction, grâce à l’aide notamment de la Banque mondiale. Celle-ci cofinancera 13 % du projet. En retour, Idriss Déby s’engage à promulguer une loi sur l’encadrement des revenus pétroliers. Sur l’ensemble des revenus pétroliers, 80 % seront investis dans le budget de l’État, et destinés à l’éducation, à la santé, ou encore aux infrastructures. L’oléoduc Tchad-Cameroun, entre Komé (Tchad) et Kribi (Cameroun), est inauguré en 2003. Le gouvernement lancera à l’été 2003 le début de l’exploitation pétrolière. Grâce à ce projet, le taux de croissance du pays a même bondi de 1 % en 2001 à 8 %.

 Tchad, le pays d’instabilité politique

Depuis l’indépendance du Tchad, le pays connaît des épisodes d’instabilité politique. Idriss Déby cherche un moyen de stabiliser son pays, enclavé en Afrique centrale et sans accès à la mer. Ce pays, pauvre, reste fragile, en proie à des rivalités ethniques, religieuses et culturelles. S’il est enclavé, il occupe tout de même une position stratégique clé. La guerre du Darfour en 2003, région du Soudan, s’étend au Tchad. En 2013, le Tchad participe activement à l’envoi de troupes au nord du Mali, dans le cadre de l’opération Serval devenue opération Barkhane. En 2016, il est élu président de l’Union africaine, où il succède à Robert Mugabe. En janvier 2019, Idriss Deby crée la surprise en renouant diplomatiquement avec Israël alors que les relations étaient rompues depuis 1972.

La dernière bataille commencée le jour du scrutin présidentiel

Le 11 avril dernier, alors que le scrutin présidentiel était organisé, des informations ont fait état du fait que « plusieurs colonnes de véhicules, lourdement armés, en provenance de Libye, ont fait une incursion à l’intérieur du Tchad pour attaquer »  « le poste frontalier de douane de Zouarké », dans la province du Tibesti, à environ 1 000 kilomètres de la capitale N’Djamena ».

Mais le gouvernement tchadien avait assuré que la « situation était entièrement sous contrôle ». Mais la réalité du terrain était plus complexe. Elle a exigé que le président se déplace et aille au front. C’est là qu’il a été blessé et qu’il a trouvé la mort, mettant ainsi fin à 30 ans d’un pouvoir agité.

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